25 mars 2026
Stratégie nationale sport-santé 2025-2030 : point à date au début de 2026

Stratégie nationale sport-santé 2025-2030 : point à date au début de 2026
En amont de notre prochaine soirée sur le thème « Prévention, nutrition et activité physique », nous vous proposons une série de décryptages autour de ces grands enjeux. Pour ce nouveau décryptage, nous faisons un point à date de la Stratégie Sport-Santé présentée en septembre dernier.
Début 2026, la Stratégie nationale sport-santé 2025-2030 est sortie du registre de l’intention pour entrer dans celui de l’exécution. Présentée en septembre 2025 par les ministères chargés des Sports et de la Santé, elle fixe une feuille de route articulée autour de 12 mesures concrètes avec une ambition claire : développer l’activité physique pour tous, lutter contre la sédentarité et mieux intégrer l’activité physique adaptée dans les parcours de santé. Le changement de ton est notable. Là où la première stratégie 2019-2024 avait surtout structuré un champ et fait émerger des dispositifs, la séquence 2025-2030 assume davantage une logique de déploiement, de visibilité et de massification.
Le premier enseignement, à ce stade, est que la stratégie repose sur un double mouvement. D’un côté, elle cherche à créer un environnement plus lisible pour le grand public, avec un “mois de l’activité physique” annoncé chaque année à partir de 2026, une offre sport-santé mieux référencée sur des plateformes fiables, des équipements davantage accessibles et un maillage territorial consolidé par plus de 550 Maisons Sport-Santé. De l’autre, elle cible des moments de vie et des publics précis : école primaire, collèges et lycées, enseignement supérieur, milieu professionnel, seniors, personnes atteintes de maladies chroniques. Ce cadrage est important, car il traduit une évolution de la doctrine publique : le sport-santé n’est plus seulement abordé comme un sujet de prévention générale, mais comme une politique d’activation des usages, différenciée selon les contextes de vie.
Sur le fond, la stratégie est portée par deux priorités qui font désormais consensus institutionnel. La première est la lutte contre la sédentarité, devenue le cœur du discours public en amont même de la publication de la stratégie. La seconde est le développement de l’activité physique adaptée à des fins thérapeutiques, avec l’objectif affiché d’améliorer l’état de santé de la population tout en contribuant à contenir certaines dépenses de santé à long terme. Ce point mérite d’être relevé : le sport-santé est désormais présenté non seulement comme un marqueur de prévention, mais comme un investissement organisationnel et économique, ce qui change la nature du débat pour les décideurs publics, hospitaliers et employeurs.
Le deuxième enseignement, début 2026, est que les Maisons Sport-Santé s’installent comme l’infrastructure de proximité la plus visible de cette stratégie. Le réseau couvre aujourd’hui l’ensemble des départements métropolitains et la quasi-totalité des territoires ultramarins, avec plus de 550 structures. Depuis leur lancement, elles ont accompagné 870 000 personnes malades ou éloignées de la pratique sportive. Leur rôle dépasse désormais la simple orientation : elles deviennent progressivement des points d’entrée pour des parcours personnalisés, à l’interface entre prévention, activité physique adaptée, accompagnement territorial et coordination avec les professionnels du sport et de la santé. Cette montée en puissance donne à la stratégie un ancrage territorial réel, même si elle pose en parallèle des questions de modèle économique, d’homogénéité de service et de capacité à absorber une demande croissante.
Le troisième enseignement est que l’année 2026 commence avec un premier signal opérationnel fort du côté du monde du travail. Un appel à projets national lancé le 20 février 2026 vise à cofinancer des actions de promotion de l’activité physique et de réduction de la sédentarité dans les administrations publiques, les établissements publics, les universités et les établissements publics de santé. Le dispositif est doté de 666 000 euros et repose sur une logique dite “360 degrés” : sensibiliser aux risques liés à la sédentarité, adapter l’environnement de travail et mettre en place une offre régulière d’activité physique. Les projets devront démarrer en septembre 2026, au moment du mois de l’activité physique et sportive, et se poursuivre jusqu’en juin 2027. C’est un indicateur utile de l’état d’avancement réel de la stratégie : moins de six mois après son lancement, elle commence à se traduire par un instrument budgétaire, un calendrier et des critères d’action.
Ce mouvement vers le milieu professionnel n’a rien d’anecdotique. Il montre que la stratégie cherche à sortir d’une approche centrée sur les seuls publics déjà captés par le soin ou par le sport. En ciblant les agents publics et les établissements hospitaliers, l’État envoie un double message. D’une part, la sédentarité est reconnue comme un enjeu d’organisation du travail et de qualité de vie au travail, pas uniquement comme une question de responsabilité individuelle. D’autre part, l’administration et l’hôpital sont appelés à jouer un rôle d’exemplarité, voire de laboratoire, dans la mise en place de politiques d’activité physique plus structurées. Pour les dirigeants, cette inflexion est intéressante : elle élargit le sport-santé du champ sanitaire vers celui des politiques RH, de la prévention en entreprise et de la performance durable des organisations.
Autre élément notable, la stratégie 2025-2030 semble vouloir mieux articuler offre de terrain et outils numériques. Dès septembre 2025, le ministère mettait en avant la nécessité d’une offre “encadrée et référencée” sur des plateformes fiables. Dans le même esprit, une cartographie des solutions numériques sport-santé a été publiée pour améliorer la lisibilité de l’écosystème, avec plus de 120 outils recensés. L’enjeu est clair : faciliter l’orientation, la coordination et le suivi, notamment pour les Maisons Sport-Santé et les acteurs qui accompagnent les bénéficiaires au quotidien. Début 2026, cette dimension numérique reste encore davantage un levier d’organisation qu’un standard national unifié, mais elle indique une direction : la réussite de la stratégie passera aussi par la capacité à rendre l’offre visible, traçable et interopérable.
Pour autant, le point à date du début 2026 appelle aussi une lecture prudente. La stratégie est mieux posée, les priorités sont plus lisibles, les dispositifs existants sont consolidés et les premiers outils d’exécution apparaissent. Mais plusieurs sujets restent entiers. Le premier est celui du financement pérenne, notamment pour l’activité physique adaptée et pour les structures de proximité. Le second est celui de la mesure d’impact : pour convaincre durablement les financeurs et les décideurs, la stratégie devra démontrer des résultats objectivables sur la santé, l’adhésion des publics, les inégalités d’accès et, à terme, les coûts évités. Le troisième est celui de l’appropriation par les professionnels de santé, les employeurs et les collectivités, sans laquelle la stratégie risque de demeurer un cadre national plus qu’un réflexe local. Ces points ne remettent pas en cause la dynamique engagée ; ils définissent plutôt le test des prochains mois.
Au fond, ce que montre ce début d’année 2026, c’est que la Stratégie nationale sport-santé 2025-2030 a déjà franchi un premier cap : elle est devenue une politique publique identifiable, dotée d’un récit clair, d’un réseau territorial visible et de premiers instruments d’activation. Le véritable enjeu n’est plus sa légitimité. Il est désormais dans sa capacité à produire des usages durables, à réduire les écarts territoriaux et à embarquer, au-delà du cercle des convaincus, les établissements de santé, les employeurs, les collectivités et les professionnels de terrain. C’est à cette condition qu’elle passera du statut de feuille de route ambitieuse à celui de transformation concrète des parcours de santé et des modes de vie.
Pour en savoir plus sur la Stratégie nationale sport-santé 2025-2030, cliquez ici >
Rémy Teston
25 mars 2026
Stratégie nationale sport-santé 2025-2030 : point à date au début de 2026

Stratégie nationale sport-santé 2025-2030 : point à date au début de 2026
En amont de notre prochaine soirée sur le thème « Prévention, nutrition et activité physique », nous vous proposons une série de décryptages autour de ces grands enjeux. Pour ce nouveau décryptage, nous faisons un point à date de la Stratégie Sport-Santé présentée en septembre dernier.
Début 2026, la Stratégie nationale sport-santé 2025-2030 est sortie du registre de l’intention pour entrer dans celui de l’exécution. Présentée en septembre 2025 par les ministères chargés des Sports et de la Santé, elle fixe une feuille de route articulée autour de 12 mesures concrètes avec une ambition claire : développer l’activité physique pour tous, lutter contre la sédentarité et mieux intégrer l’activité physique adaptée dans les parcours de santé. Le changement de ton est notable. Là où la première stratégie 2019-2024 avait surtout structuré un champ et fait émerger des dispositifs, la séquence 2025-2030 assume davantage une logique de déploiement, de visibilité et de massification.
Le premier enseignement, à ce stade, est que la stratégie repose sur un double mouvement. D’un côté, elle cherche à créer un environnement plus lisible pour le grand public, avec un “mois de l’activité physique” annoncé chaque année à partir de 2026, une offre sport-santé mieux référencée sur des plateformes fiables, des équipements davantage accessibles et un maillage territorial consolidé par plus de 550 Maisons Sport-Santé. De l’autre, elle cible des moments de vie et des publics précis : école primaire, collèges et lycées, enseignement supérieur, milieu professionnel, seniors, personnes atteintes de maladies chroniques. Ce cadrage est important, car il traduit une évolution de la doctrine publique : le sport-santé n’est plus seulement abordé comme un sujet de prévention générale, mais comme une politique d’activation des usages, différenciée selon les contextes de vie.
Sur le fond, la stratégie est portée par deux priorités qui font désormais consensus institutionnel. La première est la lutte contre la sédentarité, devenue le cœur du discours public en amont même de la publication de la stratégie. La seconde est le développement de l’activité physique adaptée à des fins thérapeutiques, avec l’objectif affiché d’améliorer l’état de santé de la population tout en contribuant à contenir certaines dépenses de santé à long terme. Ce point mérite d’être relevé : le sport-santé est désormais présenté non seulement comme un marqueur de prévention, mais comme un investissement organisationnel et économique, ce qui change la nature du débat pour les décideurs publics, hospitaliers et employeurs.
Le deuxième enseignement, début 2026, est que les Maisons Sport-Santé s’installent comme l’infrastructure de proximité la plus visible de cette stratégie. Le réseau couvre aujourd’hui l’ensemble des départements métropolitains et la quasi-totalité des territoires ultramarins, avec plus de 550 structures. Depuis leur lancement, elles ont accompagné 870 000 personnes malades ou éloignées de la pratique sportive. Leur rôle dépasse désormais la simple orientation : elles deviennent progressivement des points d’entrée pour des parcours personnalisés, à l’interface entre prévention, activité physique adaptée, accompagnement territorial et coordination avec les professionnels du sport et de la santé. Cette montée en puissance donne à la stratégie un ancrage territorial réel, même si elle pose en parallèle des questions de modèle économique, d’homogénéité de service et de capacité à absorber une demande croissante.
Le troisième enseignement est que l’année 2026 commence avec un premier signal opérationnel fort du côté du monde du travail. Un appel à projets national lancé le 20 février 2026 vise à cofinancer des actions de promotion de l’activité physique et de réduction de la sédentarité dans les administrations publiques, les établissements publics, les universités et les établissements publics de santé. Le dispositif est doté de 666 000 euros et repose sur une logique dite “360 degrés” : sensibiliser aux risques liés à la sédentarité, adapter l’environnement de travail et mettre en place une offre régulière d’activité physique. Les projets devront démarrer en septembre 2026, au moment du mois de l’activité physique et sportive, et se poursuivre jusqu’en juin 2027. C’est un indicateur utile de l’état d’avancement réel de la stratégie : moins de six mois après son lancement, elle commence à se traduire par un instrument budgétaire, un calendrier et des critères d’action.
Ce mouvement vers le milieu professionnel n’a rien d’anecdotique. Il montre que la stratégie cherche à sortir d’une approche centrée sur les seuls publics déjà captés par le soin ou par le sport. En ciblant les agents publics et les établissements hospitaliers, l’État envoie un double message. D’une part, la sédentarité est reconnue comme un enjeu d’organisation du travail et de qualité de vie au travail, pas uniquement comme une question de responsabilité individuelle. D’autre part, l’administration et l’hôpital sont appelés à jouer un rôle d’exemplarité, voire de laboratoire, dans la mise en place de politiques d’activité physique plus structurées. Pour les dirigeants, cette inflexion est intéressante : elle élargit le sport-santé du champ sanitaire vers celui des politiques RH, de la prévention en entreprise et de la performance durable des organisations.
Autre élément notable, la stratégie 2025-2030 semble vouloir mieux articuler offre de terrain et outils numériques. Dès septembre 2025, le ministère mettait en avant la nécessité d’une offre “encadrée et référencée” sur des plateformes fiables. Dans le même esprit, une cartographie des solutions numériques sport-santé a été publiée pour améliorer la lisibilité de l’écosystème, avec plus de 120 outils recensés. L’enjeu est clair : faciliter l’orientation, la coordination et le suivi, notamment pour les Maisons Sport-Santé et les acteurs qui accompagnent les bénéficiaires au quotidien. Début 2026, cette dimension numérique reste encore davantage un levier d’organisation qu’un standard national unifié, mais elle indique une direction : la réussite de la stratégie passera aussi par la capacité à rendre l’offre visible, traçable et interopérable.
Pour autant, le point à date du début 2026 appelle aussi une lecture prudente. La stratégie est mieux posée, les priorités sont plus lisibles, les dispositifs existants sont consolidés et les premiers outils d’exécution apparaissent. Mais plusieurs sujets restent entiers. Le premier est celui du financement pérenne, notamment pour l’activité physique adaptée et pour les structures de proximité. Le second est celui de la mesure d’impact : pour convaincre durablement les financeurs et les décideurs, la stratégie devra démontrer des résultats objectivables sur la santé, l’adhésion des publics, les inégalités d’accès et, à terme, les coûts évités. Le troisième est celui de l’appropriation par les professionnels de santé, les employeurs et les collectivités, sans laquelle la stratégie risque de demeurer un cadre national plus qu’un réflexe local. Ces points ne remettent pas en cause la dynamique engagée ; ils définissent plutôt le test des prochains mois.
Au fond, ce que montre ce début d’année 2026, c’est que la Stratégie nationale sport-santé 2025-2030 a déjà franchi un premier cap : elle est devenue une politique publique identifiable, dotée d’un récit clair, d’un réseau territorial visible et de premiers instruments d’activation. Le véritable enjeu n’est plus sa légitimité. Il est désormais dans sa capacité à produire des usages durables, à réduire les écarts territoriaux et à embarquer, au-delà du cercle des convaincus, les établissements de santé, les employeurs, les collectivités et les professionnels de terrain. C’est à cette condition qu’elle passera du statut de feuille de route ambitieuse à celui de transformation concrète des parcours de santé et des modes de vie.
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Rémy Teston
25 mars 2026
Stratégie nationale sport-santé 2025-2030 : point à date au début de 2026

Stratégie nationale sport-santé 2025-2030 : point à date au début de 2026
En amont de notre prochaine soirée sur le thème « Prévention, nutrition et activité physique », nous vous proposons une série de décryptages autour de ces grands enjeux. Pour ce nouveau décryptage, nous faisons un point à date de la Stratégie Sport-Santé présentée en septembre dernier.
Début 2026, la Stratégie nationale sport-santé 2025-2030 est sortie du registre de l’intention pour entrer dans celui de l’exécution. Présentée en septembre 2025 par les ministères chargés des Sports et de la Santé, elle fixe une feuille de route articulée autour de 12 mesures concrètes avec une ambition claire : développer l’activité physique pour tous, lutter contre la sédentarité et mieux intégrer l’activité physique adaptée dans les parcours de santé. Le changement de ton est notable. Là où la première stratégie 2019-2024 avait surtout structuré un champ et fait émerger des dispositifs, la séquence 2025-2030 assume davantage une logique de déploiement, de visibilité et de massification.
Le premier enseignement, à ce stade, est que la stratégie repose sur un double mouvement. D’un côté, elle cherche à créer un environnement plus lisible pour le grand public, avec un “mois de l’activité physique” annoncé chaque année à partir de 2026, une offre sport-santé mieux référencée sur des plateformes fiables, des équipements davantage accessibles et un maillage territorial consolidé par plus de 550 Maisons Sport-Santé. De l’autre, elle cible des moments de vie et des publics précis : école primaire, collèges et lycées, enseignement supérieur, milieu professionnel, seniors, personnes atteintes de maladies chroniques. Ce cadrage est important, car il traduit une évolution de la doctrine publique : le sport-santé n’est plus seulement abordé comme un sujet de prévention générale, mais comme une politique d’activation des usages, différenciée selon les contextes de vie.
Sur le fond, la stratégie est portée par deux priorités qui font désormais consensus institutionnel. La première est la lutte contre la sédentarité, devenue le cœur du discours public en amont même de la publication de la stratégie. La seconde est le développement de l’activité physique adaptée à des fins thérapeutiques, avec l’objectif affiché d’améliorer l’état de santé de la population tout en contribuant à contenir certaines dépenses de santé à long terme. Ce point mérite d’être relevé : le sport-santé est désormais présenté non seulement comme un marqueur de prévention, mais comme un investissement organisationnel et économique, ce qui change la nature du débat pour les décideurs publics, hospitaliers et employeurs.
Le deuxième enseignement, début 2026, est que les Maisons Sport-Santé s’installent comme l’infrastructure de proximité la plus visible de cette stratégie. Le réseau couvre aujourd’hui l’ensemble des départements métropolitains et la quasi-totalité des territoires ultramarins, avec plus de 550 structures. Depuis leur lancement, elles ont accompagné 870 000 personnes malades ou éloignées de la pratique sportive. Leur rôle dépasse désormais la simple orientation : elles deviennent progressivement des points d’entrée pour des parcours personnalisés, à l’interface entre prévention, activité physique adaptée, accompagnement territorial et coordination avec les professionnels du sport et de la santé. Cette montée en puissance donne à la stratégie un ancrage territorial réel, même si elle pose en parallèle des questions de modèle économique, d’homogénéité de service et de capacité à absorber une demande croissante.
Le troisième enseignement est que l’année 2026 commence avec un premier signal opérationnel fort du côté du monde du travail. Un appel à projets national lancé le 20 février 2026 vise à cofinancer des actions de promotion de l’activité physique et de réduction de la sédentarité dans les administrations publiques, les établissements publics, les universités et les établissements publics de santé. Le dispositif est doté de 666 000 euros et repose sur une logique dite “360 degrés” : sensibiliser aux risques liés à la sédentarité, adapter l’environnement de travail et mettre en place une offre régulière d’activité physique. Les projets devront démarrer en septembre 2026, au moment du mois de l’activité physique et sportive, et se poursuivre jusqu’en juin 2027. C’est un indicateur utile de l’état d’avancement réel de la stratégie : moins de six mois après son lancement, elle commence à se traduire par un instrument budgétaire, un calendrier et des critères d’action.
Ce mouvement vers le milieu professionnel n’a rien d’anecdotique. Il montre que la stratégie cherche à sortir d’une approche centrée sur les seuls publics déjà captés par le soin ou par le sport. En ciblant les agents publics et les établissements hospitaliers, l’État envoie un double message. D’une part, la sédentarité est reconnue comme un enjeu d’organisation du travail et de qualité de vie au travail, pas uniquement comme une question de responsabilité individuelle. D’autre part, l’administration et l’hôpital sont appelés à jouer un rôle d’exemplarité, voire de laboratoire, dans la mise en place de politiques d’activité physique plus structurées. Pour les dirigeants, cette inflexion est intéressante : elle élargit le sport-santé du champ sanitaire vers celui des politiques RH, de la prévention en entreprise et de la performance durable des organisations.
Autre élément notable, la stratégie 2025-2030 semble vouloir mieux articuler offre de terrain et outils numériques. Dès septembre 2025, le ministère mettait en avant la nécessité d’une offre “encadrée et référencée” sur des plateformes fiables. Dans le même esprit, une cartographie des solutions numériques sport-santé a été publiée pour améliorer la lisibilité de l’écosystème, avec plus de 120 outils recensés. L’enjeu est clair : faciliter l’orientation, la coordination et le suivi, notamment pour les Maisons Sport-Santé et les acteurs qui accompagnent les bénéficiaires au quotidien. Début 2026, cette dimension numérique reste encore davantage un levier d’organisation qu’un standard national unifié, mais elle indique une direction : la réussite de la stratégie passera aussi par la capacité à rendre l’offre visible, traçable et interopérable.
Pour autant, le point à date du début 2026 appelle aussi une lecture prudente. La stratégie est mieux posée, les priorités sont plus lisibles, les dispositifs existants sont consolidés et les premiers outils d’exécution apparaissent. Mais plusieurs sujets restent entiers. Le premier est celui du financement pérenne, notamment pour l’activité physique adaptée et pour les structures de proximité. Le second est celui de la mesure d’impact : pour convaincre durablement les financeurs et les décideurs, la stratégie devra démontrer des résultats objectivables sur la santé, l’adhésion des publics, les inégalités d’accès et, à terme, les coûts évités. Le troisième est celui de l’appropriation par les professionnels de santé, les employeurs et les collectivités, sans laquelle la stratégie risque de demeurer un cadre national plus qu’un réflexe local. Ces points ne remettent pas en cause la dynamique engagée ; ils définissent plutôt le test des prochains mois.
Au fond, ce que montre ce début d’année 2026, c’est que la Stratégie nationale sport-santé 2025-2030 a déjà franchi un premier cap : elle est devenue une politique publique identifiable, dotée d’un récit clair, d’un réseau territorial visible et de premiers instruments d’activation. Le véritable enjeu n’est plus sa légitimité. Il est désormais dans sa capacité à produire des usages durables, à réduire les écarts territoriaux et à embarquer, au-delà du cercle des convaincus, les établissements de santé, les employeurs, les collectivités et les professionnels de terrain. C’est à cette condition qu’elle passera du statut de feuille de route ambitieuse à celui de transformation concrète des parcours de santé et des modes de vie.
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