Hôpitaux de proximité : la Drees confirme leur rôle clé dans l’accès aux soins des territoires ruraux

La Drees publie une nouvelle photographie des hôpitaux de proximité. Une étude qui met en lumière un modèle hospitalier très spécifique : des établissements majoritairement publics, fortement implantés dans les territoires ruraux, accueillant une patientèle plus âgée et jouant un rôle d’interface entre médecine de ville, soins hospitaliers et médico-social.
Début septembre, la Drees a dévoilé une nouvelle étude qui analyse analyse la place des hôpitaux de proximité (HPR) dans l’offre de soins française. L’étude porte notamment sur leurs capacités d’accueil, leur implantation territoriale, les patients pris en charge, les professionnels qui y exercent et leurs équipements. Elle repose principalement sur la Statistique annuelle des établissements de santé (SAE) 2024.
Un premier niveau hospitalier fortement orienté vers le moyen et le long séjour
En 2024, 308 établissements sont labellisés hôpitaux de proximité dans le champ étudié par la Drees. A 1er juillet 2026, leur nombre atteint 333. La grande majorité (85 %) relève du secteur public.
Si leur labellisation repose sur l’exercice d’une activité de médecine, leur organisation se distingue surtout par la place prise par le moyen et le long séjour. 92 % des HPR proposent des soins médicaux et de réadaptation (SMR). Près de la moitié de leurs lits, soit 46 %, sont consacrés au SMR, contre 11 % dans les établissements publics non HPR comparables. Les unités de soins de longue durée représentent par ailleurs 19 % de leurs lits.
Cette orientation se prolonge dans le médico-social : 95 % des HPR publics appartiennent à une entité juridique comprenant au moins un Ehpad. Les produits associés aux budgets annexes des Ehpad représentent 20 % des ressources financières des HPR publics concernés, soulignant le poids du continuum sanitaire et médico-social dans leur modèle.
Une patientèle nettement plus âgée
Autre caractéristique structurante : l’âge des patients. En 2024, les 242 500 séjours de court séjour réalisés dans les HPR publics concernent des patients âgés de 70 ans en moyenne, contre 50 ans dans les établissements publics non HPR. Leur âge médian atteint 75 ans, contre 55 ans ailleurs.
En moyen séjour, le constat est similaire : l’âge moyen atteint 74 ans, contre 67 ans dans les établissements publics non HPR.
Les parcours diffèrent également. Après un séjour de médecine, 26 % des patients sont transférés ou mutés vers un autre établissement, contre 10 % dans les établissements publics non HPR. Ce chiffre illustre directement la fonction des HPR dans la gradation des soins : prendre en charge à proximité ce qui peut l’être, puis orienter vers des structures plus spécialisées lorsque la situation le nécessite.
Un rôle particulièrement marqué dans les territoires ruraux
L’étude confirme surtout la dimension territoriale de ces établissements. 56 % des HPR sont implantés dans une commune rurale, contre seulement 7 % des établissements publics non HPR étudiés. À l'inverse, seuls 4 % des HPR sont situés dans des zones urbaines denses.
Dans certains territoires enclavés, leur présence devient particulièrement stratégique. En Haute-Corse, par exemple, la distance moyenne entre les deux HPR et l’établissement disposant d’une activité de médecine le plus proche avoisine 80 kilomètres. Dans 14 départements, les HPR concentrent par ailleurs plus de 20 % des lits et places de médecine et de SMR.
La Drees identifie ainsi un groupe de 47 départements caractérisés à la fois par une population relativement âgée et rurale et par une offre de lits en HPR par habitant supérieure à la moyenne nationale.
Des organisations médicales qui illustrent le lien ville-hôpital
Les ressources médicales des HPR présentent elles aussi un profil particulier. 55 % des postes de praticiens salariés y sont exercés à temps partiel, contre 33 % dans les établissements publics non HPR. Les postes correspondant à une activité libérale y sont également davantage représentés : 14 %, contre 2 %.
Pour la Drees, ces caractéristiques peuvent traduire un exercice plus fréquemment mixte, à la frontière entre activité salariée et libérale. Elles donnent une traduction concrète à l'ambition de coopération entre l'hôpital et les professionnels de premier recours inscrite dans le cadre des HPR. Environ 54 % déclarent d'ailleurs être membres d'une CPTS, même si la Drees souligne l'incertitude statistique entourant cette estimation.
Imagerie, biologie, télémédecine : une logique d’accès plutôt que d’intégration complète
Les HPR disposent d'un plateau technique plus limité que les établissements hospitaliers de plus grande taille. 48 % possèdent une salle de radiologie conventionnelle, 19 % un scanner et 5 % une IRM. Seuls 6 % déclarent disposer d'un laboratoire de biologie médicale.
La télémédecine constitue en revanche un levier important pour accéder à une expertise distante. Les HPR apparaissent davantage demandeurs que fournisseurs de téléconsultations ou de téléexpertises, confortant leur position d'interface entre l'offre locale de premier recours et des plateaux hospitaliers plus spécialisés.
Un modèle territorial stratégique, mais financièrement fragile
Au-delà de l'offre de soins, la publication apporte un éclairage important sur la situation économique des HPR publics. Leur déficit global atteint 342,9 millions d'euros en 2024, contre 272,9 millions en 2023. Leur résultat net correspond à -2,3 % de leurs recettes, tandis que leur capacité d'autofinancement ne représente plus que 1,5 % des recettes.
Cette faiblesse limite notamment leur capacité à entretenir et moderniser leurs infrastructures, alors même que leur implantation territoriale leur confère un rôle déterminant dans certaines zones peu denses.
La photographie dressée par la Drees dépasse finalement la seule question hospitalière. Elle met en évidence un modèle situé au croisement de plusieurs transformations du système de santé : vieillissement de la population, accès territorial aux soins, articulation ville-hôpital, coordination avec le médico-social, télésanté et soutenabilité économique des établissements.
Rémy Teston
Source : Drees, Études et Résultats n° 1382, « Hôpitaux de proximité (HPR) : des établissements de santé de premiers recours, surtout en zone rurale et pour une patientèle âgée », 2 septembre 2026.
Hôpitaux de proximité : la Drees confirme leur rôle clé dans l’accès aux soins des territoires ruraux

Hôpitaux de proximité : la Drees confirme leur rôle clé dans l’accès aux soins des territoires ruraux
La Drees publie une nouvelle photographie des hôpitaux de proximité. Une étude qui met en lumière un modèle hospitalier très spécifique : des établissements majoritairement publics, fortement implantés dans les territoires ruraux, accueillant une patientèle plus âgée et jouant un rôle d’interface entre médecine de ville, soins hospitaliers et médico-social.
Début septembre, la Drees a dévoilé une nouvelle étude qui analyse analyse la place des hôpitaux de proximité (HPR) dans l’offre de soins française. L’étude porte notamment sur leurs capacités d’accueil, leur implantation territoriale, les patients pris en charge, les professionnels qui y exercent et leurs équipements. Elle repose principalement sur la Statistique annuelle des établissements de santé (SAE) 2024.
Un premier niveau hospitalier fortement orienté vers le moyen et le long séjour
En 2024, 308 établissements sont labellisés hôpitaux de proximité dans le champ étudié par la Drees. A 1er juillet 2026, leur nombre atteint 333. La grande majorité (85 %) relève du secteur public.
Si leur labellisation repose sur l’exercice d’une activité de médecine, leur organisation se distingue surtout par la place prise par le moyen et le long séjour. 92 % des HPR proposent des soins médicaux et de réadaptation (SMR). Près de la moitié de leurs lits, soit 46 %, sont consacrés au SMR, contre 11 % dans les établissements publics non HPR comparables. Les unités de soins de longue durée représentent par ailleurs 19 % de leurs lits.
Cette orientation se prolonge dans le médico-social : 95 % des HPR publics appartiennent à une entité juridique comprenant au moins un Ehpad. Les produits associés aux budgets annexes des Ehpad représentent 20 % des ressources financières des HPR publics concernés, soulignant le poids du continuum sanitaire et médico-social dans leur modèle.
Une patientèle nettement plus âgée
Autre caractéristique structurante : l’âge des patients. En 2024, les 242 500 séjours de court séjour réalisés dans les HPR publics concernent des patients âgés de 70 ans en moyenne, contre 50 ans dans les établissements publics non HPR. Leur âge médian atteint 75 ans, contre 55 ans ailleurs.
En moyen séjour, le constat est similaire : l’âge moyen atteint 74 ans, contre 67 ans dans les établissements publics non HPR.
Les parcours diffèrent également. Après un séjour de médecine, 26 % des patients sont transférés ou mutés vers un autre établissement, contre 10 % dans les établissements publics non HPR. Ce chiffre illustre directement la fonction des HPR dans la gradation des soins : prendre en charge à proximité ce qui peut l’être, puis orienter vers des structures plus spécialisées lorsque la situation le nécessite.
Un rôle particulièrement marqué dans les territoires ruraux
L’étude confirme surtout la dimension territoriale de ces établissements. 56 % des HPR sont implantés dans une commune rurale, contre seulement 7 % des établissements publics non HPR étudiés. À l'inverse, seuls 4 % des HPR sont situés dans des zones urbaines denses.
Dans certains territoires enclavés, leur présence devient particulièrement stratégique. En Haute-Corse, par exemple, la distance moyenne entre les deux HPR et l’établissement disposant d’une activité de médecine le plus proche avoisine 80 kilomètres. Dans 14 départements, les HPR concentrent par ailleurs plus de 20 % des lits et places de médecine et de SMR.
La Drees identifie ainsi un groupe de 47 départements caractérisés à la fois par une population relativement âgée et rurale et par une offre de lits en HPR par habitant supérieure à la moyenne nationale.
Des organisations médicales qui illustrent le lien ville-hôpital
Les ressources médicales des HPR présentent elles aussi un profil particulier. 55 % des postes de praticiens salariés y sont exercés à temps partiel, contre 33 % dans les établissements publics non HPR. Les postes correspondant à une activité libérale y sont également davantage représentés : 14 %, contre 2 %.
Pour la Drees, ces caractéristiques peuvent traduire un exercice plus fréquemment mixte, à la frontière entre activité salariée et libérale. Elles donnent une traduction concrète à l'ambition de coopération entre l'hôpital et les professionnels de premier recours inscrite dans le cadre des HPR. Environ 54 % déclarent d'ailleurs être membres d'une CPTS, même si la Drees souligne l'incertitude statistique entourant cette estimation.
Imagerie, biologie, télémédecine : une logique d’accès plutôt que d’intégration complète
Les HPR disposent d'un plateau technique plus limité que les établissements hospitaliers de plus grande taille. 48 % possèdent une salle de radiologie conventionnelle, 19 % un scanner et 5 % une IRM. Seuls 6 % déclarent disposer d'un laboratoire de biologie médicale.
La télémédecine constitue en revanche un levier important pour accéder à une expertise distante. Les HPR apparaissent davantage demandeurs que fournisseurs de téléconsultations ou de téléexpertises, confortant leur position d'interface entre l'offre locale de premier recours et des plateaux hospitaliers plus spécialisés.
Un modèle territorial stratégique, mais financièrement fragile
Au-delà de l'offre de soins, la publication apporte un éclairage important sur la situation économique des HPR publics. Leur déficit global atteint 342,9 millions d'euros en 2024, contre 272,9 millions en 2023. Leur résultat net correspond à -2,3 % de leurs recettes, tandis que leur capacité d'autofinancement ne représente plus que 1,5 % des recettes.
Cette faiblesse limite notamment leur capacité à entretenir et moderniser leurs infrastructures, alors même que leur implantation territoriale leur confère un rôle déterminant dans certaines zones peu denses.
La photographie dressée par la Drees dépasse finalement la seule question hospitalière. Elle met en évidence un modèle situé au croisement de plusieurs transformations du système de santé : vieillissement de la population, accès territorial aux soins, articulation ville-hôpital, coordination avec le médico-social, télésanté et soutenabilité économique des établissements.
Rémy Teston
Source : Drees, Études et Résultats n° 1382, « Hôpitaux de proximité (HPR) : des établissements de santé de premiers recours, surtout en zone rurale et pour une patientèle âgée », 2 septembre 2026.
Hôpitaux de proximité : la Drees confirme leur rôle clé dans l’accès aux soins des territoires ruraux

Hôpitaux de proximité : la Drees confirme leur rôle clé dans l’accès aux soins des territoires ruraux
La Drees publie une nouvelle photographie des hôpitaux de proximité. Une étude qui met en lumière un modèle hospitalier très spécifique : des établissements majoritairement publics, fortement implantés dans les territoires ruraux, accueillant une patientèle plus âgée et jouant un rôle d’interface entre médecine de ville, soins hospitaliers et médico-social.
Début septembre, la Drees a dévoilé une nouvelle étude qui analyse analyse la place des hôpitaux de proximité (HPR) dans l’offre de soins française. L’étude porte notamment sur leurs capacités d’accueil, leur implantation territoriale, les patients pris en charge, les professionnels qui y exercent et leurs équipements. Elle repose principalement sur la Statistique annuelle des établissements de santé (SAE) 2024.
Un premier niveau hospitalier fortement orienté vers le moyen et le long séjour
En 2024, 308 établissements sont labellisés hôpitaux de proximité dans le champ étudié par la Drees. A 1er juillet 2026, leur nombre atteint 333. La grande majorité (85 %) relève du secteur public.
Si leur labellisation repose sur l’exercice d’une activité de médecine, leur organisation se distingue surtout par la place prise par le moyen et le long séjour. 92 % des HPR proposent des soins médicaux et de réadaptation (SMR). Près de la moitié de leurs lits, soit 46 %, sont consacrés au SMR, contre 11 % dans les établissements publics non HPR comparables. Les unités de soins de longue durée représentent par ailleurs 19 % de leurs lits.
Cette orientation se prolonge dans le médico-social : 95 % des HPR publics appartiennent à une entité juridique comprenant au moins un Ehpad. Les produits associés aux budgets annexes des Ehpad représentent 20 % des ressources financières des HPR publics concernés, soulignant le poids du continuum sanitaire et médico-social dans leur modèle.
Une patientèle nettement plus âgée
Autre caractéristique structurante : l’âge des patients. En 2024, les 242 500 séjours de court séjour réalisés dans les HPR publics concernent des patients âgés de 70 ans en moyenne, contre 50 ans dans les établissements publics non HPR. Leur âge médian atteint 75 ans, contre 55 ans ailleurs.
En moyen séjour, le constat est similaire : l’âge moyen atteint 74 ans, contre 67 ans dans les établissements publics non HPR.
Les parcours diffèrent également. Après un séjour de médecine, 26 % des patients sont transférés ou mutés vers un autre établissement, contre 10 % dans les établissements publics non HPR. Ce chiffre illustre directement la fonction des HPR dans la gradation des soins : prendre en charge à proximité ce qui peut l’être, puis orienter vers des structures plus spécialisées lorsque la situation le nécessite.
Un rôle particulièrement marqué dans les territoires ruraux
L’étude confirme surtout la dimension territoriale de ces établissements. 56 % des HPR sont implantés dans une commune rurale, contre seulement 7 % des établissements publics non HPR étudiés. À l'inverse, seuls 4 % des HPR sont situés dans des zones urbaines denses.
Dans certains territoires enclavés, leur présence devient particulièrement stratégique. En Haute-Corse, par exemple, la distance moyenne entre les deux HPR et l’établissement disposant d’une activité de médecine le plus proche avoisine 80 kilomètres. Dans 14 départements, les HPR concentrent par ailleurs plus de 20 % des lits et places de médecine et de SMR.
La Drees identifie ainsi un groupe de 47 départements caractérisés à la fois par une population relativement âgée et rurale et par une offre de lits en HPR par habitant supérieure à la moyenne nationale.
Des organisations médicales qui illustrent le lien ville-hôpital
Les ressources médicales des HPR présentent elles aussi un profil particulier. 55 % des postes de praticiens salariés y sont exercés à temps partiel, contre 33 % dans les établissements publics non HPR. Les postes correspondant à une activité libérale y sont également davantage représentés : 14 %, contre 2 %.
Pour la Drees, ces caractéristiques peuvent traduire un exercice plus fréquemment mixte, à la frontière entre activité salariée et libérale. Elles donnent une traduction concrète à l'ambition de coopération entre l'hôpital et les professionnels de premier recours inscrite dans le cadre des HPR. Environ 54 % déclarent d'ailleurs être membres d'une CPTS, même si la Drees souligne l'incertitude statistique entourant cette estimation.
Imagerie, biologie, télémédecine : une logique d’accès plutôt que d’intégration complète
Les HPR disposent d'un plateau technique plus limité que les établissements hospitaliers de plus grande taille. 48 % possèdent une salle de radiologie conventionnelle, 19 % un scanner et 5 % une IRM. Seuls 6 % déclarent disposer d'un laboratoire de biologie médicale.
La télémédecine constitue en revanche un levier important pour accéder à une expertise distante. Les HPR apparaissent davantage demandeurs que fournisseurs de téléconsultations ou de téléexpertises, confortant leur position d'interface entre l'offre locale de premier recours et des plateaux hospitaliers plus spécialisés.
Un modèle territorial stratégique, mais financièrement fragile
Au-delà de l'offre de soins, la publication apporte un éclairage important sur la situation économique des HPR publics. Leur déficit global atteint 342,9 millions d'euros en 2024, contre 272,9 millions en 2023. Leur résultat net correspond à -2,3 % de leurs recettes, tandis que leur capacité d'autofinancement ne représente plus que 1,5 % des recettes.
Cette faiblesse limite notamment leur capacité à entretenir et moderniser leurs infrastructures, alors même que leur implantation territoriale leur confère un rôle déterminant dans certaines zones peu denses.
La photographie dressée par la Drees dépasse finalement la seule question hospitalière. Elle met en évidence un modèle situé au croisement de plusieurs transformations du système de santé : vieillissement de la population, accès territorial aux soins, articulation ville-hôpital, coordination avec le médico-social, télésanté et soutenabilité économique des établissements.
Rémy Teston
Source : Drees, Études et Résultats n° 1382, « Hôpitaux de proximité (HPR) : des établissements de santé de premiers recours, surtout en zone rurale et pour une patientèle âgée », 2 septembre 2026.

