Dépenses de santé : 353 milliards d’euros en 2025, avec une dynamique toujours supérieure à celle du PIB

La Drees publie l’édition 2026 des Comptes de la santé. En 2025, la dépense courante de santé atteint 353,2 milliards d’euros, soit 11,8 % du PIB. Si sa progression ralentit légèrement, les dépenses restent plus dynamiques qu’avant la crise sanitaire. Vieillissement, prévention, reprise hospitalière et évolution des volumes de soins dessinent plusieurs tendances structurantes pour les acteurs du système de santé.

En 2025, la dépense courante de santé au sens international (DCSi) progresse de 3,3 %, après +3,5 % en 2024 et +3,7 % en 2023. Elle atteint 353,2 milliards d’euros. Cette hausse reste supérieure à celle du PIB en valeur (+1,9 %), portant le poids de la santé dans l’économie française de 11,7 % à 11,8 % du PIB. Avant la crise sanitaire, entre 2010 et 2019, les dépenses de santé progressaient en moyenne de 2,2 % par an.

Une croissance plus modérée des soins et biens médicaux

La consommation de soins et de biens médicaux (CSBM), qui représente près des trois quarts de la dépense courante de santé, atteint 256,5 milliards d’euros en 2025. Sa progression ralentit à +2,7 %, contre +3,5 % un an auparavant.

Ce ralentissement provient principalement des volumes consommés, qui augmentent de 2,0 % après +2,8 % en 2024. Les prix progressent, eux, de 0,7 %, au même rythme que l’année précédente. Les soins courants en ville sont quasiment stables en volume (-0,1 %), tandis que la consommation de médicaments continue d’augmenter, mais moins rapidement qu’en 2024.

Les dépenses de médicaments en ambulatoire atteignent ainsi 34,9 milliards d’euros, en hausse de 1,3 %, après +4,0 % en 2024. La Drees souligne notamment le rôle croissant des remises versées par les entreprises à l’Assurance maladie : elles sont estimées à 6,2 milliards d’euros en 2025, contre 5,2 milliards en 2024.

L’hôpital public retrouve son niveau d’activité d’avant-crise

Les soins hospitaliers représentent le premier poste de dépenses, à 124,1 milliards d’euros, soit 35,1 % de la DCSi. Ils progressent de 2,8 % en 2025.

Les dépenses hospitalières publiques atteignent 96,2 milliards d’euros et augmentent de 2,9 %. Surtout, après plusieurs années marquées par les effets de la crise sanitaire, le volume d’activité du secteur hospitalier public retrouve en 2025 son niveau de 2019.

La dynamique est toutefois contrastée selon les activités. La médecine-chirurgie-obstétrique progresse à un rythme supérieur à sa tendance d’avant-crise, les soins médicaux et de réadaptation poursuivent leur reprise et l’hospitalisation à domicile reste dynamique. À l’inverse, l’activité psychiatrique recule de nouveau.

Vieillissement et prévention parmi les moteurs de la dépense

Deux postes se distinguent particulièrement en 2025.

Les soins de longue durée atteignent près de 69,9 milliards d’euros, soit près de 20 % de l’ensemble des dépenses de santé. Ils progressent de 4,7 %, davantage que la DCSi dans son ensemble. La Drees relie notamment cette évolution au vieillissement de la population.

Les dépenses de prévention connaissent, elles, un net rebond : +6,8 %, à 9,2 milliards d’euros. Après plusieurs années de reflux des dépenses liées au Covid-19, cette progression est notamment portée par les vaccins contre le zona, les méningocoques, les pneumocoques et la grippe.

Ces deux dynamiques illustrent deux transformations de fond du système : la montée des besoins liés à la perte d’autonomie et la recherche d’un renforcement de la prévention.

Un financement largement public et un reste à charge toujours contenu

La structure du financement évolue peu. En 2025, les administrations publiques prennent en charge 77,4 % des dépenses de santé, soit 273,5 milliards d’euros. La Sécurité sociale en finance à elle seule 249,2 milliards.

Les organismes complémentaires représentent 12,3 % du financement, tandis que la part directement supportée par les ménages recule légèrement, à 9,7 %, contre 9,8 % en 2024.

La comparaison européenne reste notable : la France consacre une part plus importante de sa richesse à la santé que la moyenne de l’Union européenne (11,8 % du PIB contre 10,5 %) tout en affichant une prise en charge publique plus élevée et un reste à charge des ménages plus faible.

Quels enseignements pour les dirigeants de santé ?

Cette nouvelle photographie de la Drees confirme une transformation progressive de la structure des dépenses. La croissance des soins ralentit, mais les besoins associés au vieillissement, à la dépendance et à la prévention prennent davantage de poids. Dans le même temps, l’hôpital public retrouve son niveau d’activité d’avant-crise et les dépenses de ville évoluent de plus en plus sous l’effet des prix plutôt que des volumes.

Pour les décideurs, plusieurs enjeux se dessinent : comment absorber durablement la progression des besoins liés au vieillissement ? Comment convertir l’investissement dans la prévention en gains sanitaires et économiques mesurables ? Et comment maintenir l’accessibilité financière des soins dans un contexte où les dépenses de santé continuent de progresser plus vite que la richesse nationale ?

Autant de questions qui replacent la transformation des organisations, la pertinence des soins et l’allocation des ressources au cœur des arbitrages à venir.

Pour consulter le rapport complet de la Drees, cliquez ici >>

Rémy Teston


Dépenses de santé : 353 milliards d’euros en 2025, avec une dynamique toujours supérieure à celle du PIB

Dépenses de santé : 353 milliards d’euros en 2025, avec une dynamique toujours supérieure à celle du PIB

La Drees publie l’édition 2026 des Comptes de la santé. En 2025, la dépense courante de santé atteint 353,2 milliards d’euros, soit 11,8 % du PIB. Si sa progression ralentit légèrement, les dépenses restent plus dynamiques qu’avant la crise sanitaire. Vieillissement, prévention, reprise hospitalière et évolution des volumes de soins dessinent plusieurs tendances structurantes pour les acteurs du système de santé.

En 2025, la dépense courante de santé au sens international (DCSi) progresse de 3,3 %, après +3,5 % en 2024 et +3,7 % en 2023. Elle atteint 353,2 milliards d’euros. Cette hausse reste supérieure à celle du PIB en valeur (+1,9 %), portant le poids de la santé dans l’économie française de 11,7 % à 11,8 % du PIB. Avant la crise sanitaire, entre 2010 et 2019, les dépenses de santé progressaient en moyenne de 2,2 % par an.

Une croissance plus modérée des soins et biens médicaux

La consommation de soins et de biens médicaux (CSBM), qui représente près des trois quarts de la dépense courante de santé, atteint 256,5 milliards d’euros en 2025. Sa progression ralentit à +2,7 %, contre +3,5 % un an auparavant.

Ce ralentissement provient principalement des volumes consommés, qui augmentent de 2,0 % après +2,8 % en 2024. Les prix progressent, eux, de 0,7 %, au même rythme que l’année précédente. Les soins courants en ville sont quasiment stables en volume (-0,1 %), tandis que la consommation de médicaments continue d’augmenter, mais moins rapidement qu’en 2024.

Les dépenses de médicaments en ambulatoire atteignent ainsi 34,9 milliards d’euros, en hausse de 1,3 %, après +4,0 % en 2024. La Drees souligne notamment le rôle croissant des remises versées par les entreprises à l’Assurance maladie : elles sont estimées à 6,2 milliards d’euros en 2025, contre 5,2 milliards en 2024.

L’hôpital public retrouve son niveau d’activité d’avant-crise

Les soins hospitaliers représentent le premier poste de dépenses, à 124,1 milliards d’euros, soit 35,1 % de la DCSi. Ils progressent de 2,8 % en 2025.

Les dépenses hospitalières publiques atteignent 96,2 milliards d’euros et augmentent de 2,9 %. Surtout, après plusieurs années marquées par les effets de la crise sanitaire, le volume d’activité du secteur hospitalier public retrouve en 2025 son niveau de 2019.

La dynamique est toutefois contrastée selon les activités. La médecine-chirurgie-obstétrique progresse à un rythme supérieur à sa tendance d’avant-crise, les soins médicaux et de réadaptation poursuivent leur reprise et l’hospitalisation à domicile reste dynamique. À l’inverse, l’activité psychiatrique recule de nouveau.

Vieillissement et prévention parmi les moteurs de la dépense

Deux postes se distinguent particulièrement en 2025.

Les soins de longue durée atteignent près de 69,9 milliards d’euros, soit près de 20 % de l’ensemble des dépenses de santé. Ils progressent de 4,7 %, davantage que la DCSi dans son ensemble. La Drees relie notamment cette évolution au vieillissement de la population.

Les dépenses de prévention connaissent, elles, un net rebond : +6,8 %, à 9,2 milliards d’euros. Après plusieurs années de reflux des dépenses liées au Covid-19, cette progression est notamment portée par les vaccins contre le zona, les méningocoques, les pneumocoques et la grippe.

Ces deux dynamiques illustrent deux transformations de fond du système : la montée des besoins liés à la perte d’autonomie et la recherche d’un renforcement de la prévention.

Un financement largement public et un reste à charge toujours contenu

La structure du financement évolue peu. En 2025, les administrations publiques prennent en charge 77,4 % des dépenses de santé, soit 273,5 milliards d’euros. La Sécurité sociale en finance à elle seule 249,2 milliards.

Les organismes complémentaires représentent 12,3 % du financement, tandis que la part directement supportée par les ménages recule légèrement, à 9,7 %, contre 9,8 % en 2024.

La comparaison européenne reste notable : la France consacre une part plus importante de sa richesse à la santé que la moyenne de l’Union européenne (11,8 % du PIB contre 10,5 %) tout en affichant une prise en charge publique plus élevée et un reste à charge des ménages plus faible.

Quels enseignements pour les dirigeants de santé ?

Cette nouvelle photographie de la Drees confirme une transformation progressive de la structure des dépenses. La croissance des soins ralentit, mais les besoins associés au vieillissement, à la dépendance et à la prévention prennent davantage de poids. Dans le même temps, l’hôpital public retrouve son niveau d’activité d’avant-crise et les dépenses de ville évoluent de plus en plus sous l’effet des prix plutôt que des volumes.

Pour les décideurs, plusieurs enjeux se dessinent : comment absorber durablement la progression des besoins liés au vieillissement ? Comment convertir l’investissement dans la prévention en gains sanitaires et économiques mesurables ? Et comment maintenir l’accessibilité financière des soins dans un contexte où les dépenses de santé continuent de progresser plus vite que la richesse nationale ?

Autant de questions qui replacent la transformation des organisations, la pertinence des soins et l’allocation des ressources au cœur des arbitrages à venir.

Pour consulter le rapport complet de la Drees, cliquez ici >>

Rémy Teston


Dépenses de santé : 353 milliards d’euros en 2025, avec une dynamique toujours supérieure à celle du PIB

Dépenses de santé : 353 milliards d’euros en 2025, avec une dynamique toujours supérieure à celle du PIB

La Drees publie l’édition 2026 des Comptes de la santé. En 2025, la dépense courante de santé atteint 353,2 milliards d’euros, soit 11,8 % du PIB. Si sa progression ralentit légèrement, les dépenses restent plus dynamiques qu’avant la crise sanitaire. Vieillissement, prévention, reprise hospitalière et évolution des volumes de soins dessinent plusieurs tendances structurantes pour les acteurs du système de santé.

En 2025, la dépense courante de santé au sens international (DCSi) progresse de 3,3 %, après +3,5 % en 2024 et +3,7 % en 2023. Elle atteint 353,2 milliards d’euros. Cette hausse reste supérieure à celle du PIB en valeur (+1,9 %), portant le poids de la santé dans l’économie française de 11,7 % à 11,8 % du PIB. Avant la crise sanitaire, entre 2010 et 2019, les dépenses de santé progressaient en moyenne de 2,2 % par an.

Une croissance plus modérée des soins et biens médicaux

La consommation de soins et de biens médicaux (CSBM), qui représente près des trois quarts de la dépense courante de santé, atteint 256,5 milliards d’euros en 2025. Sa progression ralentit à +2,7 %, contre +3,5 % un an auparavant.

Ce ralentissement provient principalement des volumes consommés, qui augmentent de 2,0 % après +2,8 % en 2024. Les prix progressent, eux, de 0,7 %, au même rythme que l’année précédente. Les soins courants en ville sont quasiment stables en volume (-0,1 %), tandis que la consommation de médicaments continue d’augmenter, mais moins rapidement qu’en 2024.

Les dépenses de médicaments en ambulatoire atteignent ainsi 34,9 milliards d’euros, en hausse de 1,3 %, après +4,0 % en 2024. La Drees souligne notamment le rôle croissant des remises versées par les entreprises à l’Assurance maladie : elles sont estimées à 6,2 milliards d’euros en 2025, contre 5,2 milliards en 2024.

L’hôpital public retrouve son niveau d’activité d’avant-crise

Les soins hospitaliers représentent le premier poste de dépenses, à 124,1 milliards d’euros, soit 35,1 % de la DCSi. Ils progressent de 2,8 % en 2025.

Les dépenses hospitalières publiques atteignent 96,2 milliards d’euros et augmentent de 2,9 %. Surtout, après plusieurs années marquées par les effets de la crise sanitaire, le volume d’activité du secteur hospitalier public retrouve en 2025 son niveau de 2019.

La dynamique est toutefois contrastée selon les activités. La médecine-chirurgie-obstétrique progresse à un rythme supérieur à sa tendance d’avant-crise, les soins médicaux et de réadaptation poursuivent leur reprise et l’hospitalisation à domicile reste dynamique. À l’inverse, l’activité psychiatrique recule de nouveau.

Vieillissement et prévention parmi les moteurs de la dépense

Deux postes se distinguent particulièrement en 2025.

Les soins de longue durée atteignent près de 69,9 milliards d’euros, soit près de 20 % de l’ensemble des dépenses de santé. Ils progressent de 4,7 %, davantage que la DCSi dans son ensemble. La Drees relie notamment cette évolution au vieillissement de la population.

Les dépenses de prévention connaissent, elles, un net rebond : +6,8 %, à 9,2 milliards d’euros. Après plusieurs années de reflux des dépenses liées au Covid-19, cette progression est notamment portée par les vaccins contre le zona, les méningocoques, les pneumocoques et la grippe.

Ces deux dynamiques illustrent deux transformations de fond du système : la montée des besoins liés à la perte d’autonomie et la recherche d’un renforcement de la prévention.

Un financement largement public et un reste à charge toujours contenu

La structure du financement évolue peu. En 2025, les administrations publiques prennent en charge 77,4 % des dépenses de santé, soit 273,5 milliards d’euros. La Sécurité sociale en finance à elle seule 249,2 milliards.

Les organismes complémentaires représentent 12,3 % du financement, tandis que la part directement supportée par les ménages recule légèrement, à 9,7 %, contre 9,8 % en 2024.

La comparaison européenne reste notable : la France consacre une part plus importante de sa richesse à la santé que la moyenne de l’Union européenne (11,8 % du PIB contre 10,5 %) tout en affichant une prise en charge publique plus élevée et un reste à charge des ménages plus faible.

Quels enseignements pour les dirigeants de santé ?

Cette nouvelle photographie de la Drees confirme une transformation progressive de la structure des dépenses. La croissance des soins ralentit, mais les besoins associés au vieillissement, à la dépendance et à la prévention prennent davantage de poids. Dans le même temps, l’hôpital public retrouve son niveau d’activité d’avant-crise et les dépenses de ville évoluent de plus en plus sous l’effet des prix plutôt que des volumes.

Pour les décideurs, plusieurs enjeux se dessinent : comment absorber durablement la progression des besoins liés au vieillissement ? Comment convertir l’investissement dans la prévention en gains sanitaires et économiques mesurables ? Et comment maintenir l’accessibilité financière des soins dans un contexte où les dépenses de santé continuent de progresser plus vite que la richesse nationale ?

Autant de questions qui replacent la transformation des organisations, la pertinence des soins et l’allocation des ressources au cœur des arbitrages à venir.

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Rémy Teston